Justice
Loot boxes CS2 : ce que New York reproche à Valve avant l’audience
New York accuse Valve d’exploiter des jeux d’argent illégaux à travers ses loot boxes ; Valve demande le rejet de la plainte. Selon l’ordonnance de calendrier du tribunal, les arguments sur cette demande doivent être entendus en octobre. Aucune décision sur le fond ne figure dans le dossier consulté le 8 octobre 2026.
L’équipe Veriloot · Publié le

Dans cet article
Une audience sur le rejet de la plainte, pas un verdict
La procédure se déroule devant la Supreme Court de l’État de New York, dans le comté de New York, sous le numéro 450952/2026. Malgré son nom, il ne s’agit pas de la plus haute juridiction de l’État. Le registre judiciaire public affiche un dossier actif au moment de notre lecture.
La juge Nancy M. Bannon a fixé une audience via Teams sur la demande par laquelle Valve sollicite le rejet de la plainte modifiée. L’ordonnance donne la date et l’heure dans ce passage :
ORDERED that the defendant’s motion to dismiss the amended complaint (MOT SEQ 001) is adjourned to October 21, 2026, at 11:30 a.m. for oral argument, to be conducted via Teams
La plainte modifiée de mars, le mémoire de Valve de mai, l’opposition de New York de juin et la réplique de Valve de juillet exposent les arguments des parties. L’ordonnance de septembre est le dernier acte affiché dans le registre consulté.
Le cœur du reproche : payer pour une récompense aléatoire revendable
Dans sa plainte modifiée, la procureure générale Letitia James reproche à Valve de faire payer les joueurs pour recevoir un objet virtuel sélectionné au hasard. Il s’agit d’une action civile fondée notamment sur des violations alléguées du droit new-yorkais relatif aux jeux d’argent. Elle couvre Counter-Strike, Team Fortress et Dota. Selon l’État, les différences de rareté et la possibilité de revendre les récompenses donnent au système les caractéristiques d’un jeu d’argent.
La plainte distingue le marché Steam, où la vente produit du crédit utilisable dans l’écosystème Steam, et les plateformes tierces, où les objets peuvent être vendus contre de l’argent. Elle accuse Valve de faciliter ce marché et de tirer des revenus des clés et des commissions. Ce sont les allégations du plaignant, pas des conclusions adoptées par le tribunal.
New York insiste également sur les risques d’addiction et sur l’exposition des mineurs. Nous ne reprenons pas les estimations de valorisation du marché citées dans la plainte comme des chiffres actuels : elles ne mesurent ni les revenus annuels de Valve ni les prix d’aujourd’hui.
Valve compare les caisses aux paquets de cartes de collection
Dans son mémoire demandant le rejet, Valve soutient que l’acheteur reçoit toujours un objet. L’entreprise estime donc que le système ne comporte pas la mise ou le risque exigés par la définition légale invoquée. Elle compare les caisses aux paquets de cartes à collectionner, dont le contenu et la valeur varient.
Valve conteste aussi que les skins et le crédit Steam entrent dans les catégories précises de valeur visées par cette loi. Cela ne signifie pas que l’entreprise affirme que les skins ne valent rien sur le marché : son argument porte sur la qualification juridique.
Sa réplique de juillet invoque aussi la prévisibilité de la loi, la liberté d’expression et la séparation des pouvoirs. Selon Valve, une réglementation spécifique relève du législateur. Dans son opposition, New York répond notamment que recevoir systématiquement un objet n’exclut pas une perte économique. Le tribunal doit examiner ces positions opposées.
Ce que New York demande, et ce qui n’a pas été accordé
La plainte demande une injonction permanente visant à faire cesser les violations alléguées du droit new-yorkais, la restitution de sommes aux consommateurs concernés, des dommages et intérêts, le reversement de gains et une amende. Ces demandes figurent à la fin de la plainte modifiée. Elles ne sont pas des sanctions déjà prononcées.
L’ordonnance de calendrier ne supprime pas les skins détenus par les joueurs. Elle ne déclare pas toutes les caisses illégales aux États-Unis et n’ouvre pas de remboursement automatique aux joueurs français. Ce dossier concerne une action portée par l’État de New York contre Valve, pas une décision mondiale sur le trading.
Pour tes skins, sépare le dossier judiciaire et le prix du marché
Un skin acheté directement correspond à un objet identifié ; ouvrir une caisse implique une récompense aléatoire. Cette distinction aide à comprendre le reproche de New York. Pour comparer des offres sur un objet précis, notre guide d’achat d’un skin CS2 explique comment vérifier la variante et les frais.
Nous n’avons pas mesuré d’effet de cette procédure sur les prix. Une variation observée pendant le litige ne suffirait pas à lui attribuer une cause. La prochaine information à vérifier est un nouvel acte du tribunal, puis ce qu’il décide réellement.
Ce que ça change pour toi
L’acte consulté fixe une audience sur la demande de rejet ; il ne tranche pas le fond. Il ne permet pas d’annoncer la disparition de tes skins, un remboursement ou une hausse de leur prix. Ordonnance du 21 septembre 2026
Sources
- New York State Unified Court System, « First Amended Complaint, People of the State of New York v. Valve Corporation », New York Attorney General, 13 mars 2026
- New York State Unified Court System, « Valve memorandum of law in support of its motion to dismiss », Counsel for Valve Corporation, 18 mai 2026
- New York State Unified Court System, « New York memorandum in opposition to Valve’s motion to dismiss », New York Attorney General, 29 juin 2026
- New York State Unified Court System, « Valve reply in support of its motion to dismiss », Counsel for Valve Corporation, 27 juillet 2026
- New York State Unified Court System, « Order – Case Scheduling, motion sequence 001 », Justice Nancy M. Bannon, 21 septembre 2026
- New York State Unified Court System, « NYSCEF public docket, index 450952/2026 », New York State Unified Court System, date non indiquée
- Veriloot, « Équipe Veriloot — éditeur de cette illustration », Équipe Veriloot, date non indiquée